Intro
« Une vie psychique, c'est comme une rivière ; elle ne se libère qu'au risque de dépressuriser l'énergie créatrice sous tension. »
« Peindre ou écrire, c'est ouvrir un rêve éveillé. Ce qui veut dire 'lier le monde' dans son corps et sa psyché. »
Un défilé sans fin de phrases plus ou moins pourvues de sens 'ordinaire'. Une manière de s'approprier sa propre discursivité par défaut. Une approche qui relie le cerveau aux organes des sens et de la digestion. Un 'tout' symbolique formant un long poème unique, comme un fluide.
Je ne suis ni tout à fait présente à cela, ni tout à fait lointaine de cela. J'explore mon absence radicale de 'soi'... et mon empreinte qui se traine dans la texture mentale plus qu'éphémère. C'est filandreux ; parfois appuyé, parfois effleuré, à peine. Cela se veut vivant et constant dans l'affirmation d'une précarité qui génère. Comme la Vie, cela se considère 'noyé' — sans cesse 'sauvé' par l'émergence de survie. Un souffle puissant, profond, permanent.
L'image est celle d'une mer qui enveloppe un soleil complètement baigné dedans. Pas de levant, ni de zénith ou de couchant. Une absorption de l'eau parfaite par le feu. Nous sommes nous-mêmes des chimères qui accompagnons nos songes, à la manière d'éponges colorées.
Ak Mi, le 24 mai '21
#poésie #psychanalyse #rêve-éveillé
EXPOSITION (Paris, nov. '22)
Dans le cadre d'une installation sonore du même nom, "Être humain.e" sera partiellement lu (chuchoté) et enregistré pour une exposition, prochaine, à Paris, sur la thématique "Art et Méditation". Pourquoi ?
Parce qu'ici, l'écriture psychanalytique de la poésie correspond à une pratique — comme pourrait l'être celle, bouddhique, de Samatha-Vipassana (SaVi) par un méditant.
Parce que les ressorts de cette forme littéraire, spécifique, sont "a-conceptuels". De l'ordre du rêve-éveillé, l'expression mentale et écrite du recueil plonge l'auteure et son lecteur dans de nouvelles dimensions de l'être — "parallèles" à l'expérience potentielle du méditant.
Parce que l'esprit, logique par nature, se trouve ici totalement désarçonné au profit d'un voyage aux limites de la perception — dans une zone "empirique", déjà parfaitement "transcendantale".
Parce qu'à l'instar de la pensée extrême-orientale (notamment "zen"), la véritable nature des phénomènes se donne, ou s'appréhende, plus complètement en coupant aux racines de l'intelligibilité directe.
Parce que cette fluidité, paradoxale, inhérente à "l'absence de récit", rejoint celle, naturelle et spontanée, de la Vie — en ce que celle-ci fluctue et se régénère au fil des nécessités, des contextes et des événements.
Parce que cela nous touche de près, tout en nous échappant...
"Le sage peut découvrir le monde sans franchir sa porte." ~ Lao Tseu
Ak Mi, le 9 septembre '22
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