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26 - La faille

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18 août Je suis sur « la faille » — juste en son milieu A l’instar de l’Homme de Vitruve, à la verticale je flotte C’est mon repos de cachalot — tête en haut Je perçois la lumière à la surface de l’eau ; ses rayons les plus profonds clignent et me touchent de leurs tentacules, au laser irradiant Sans respirer, je m’éternise dans le bain de molécules salées Le milieu nourricier me porte comme un corps étranger, et néanmoins familier ; un corps dur et étanche… pourtant, par lui, ni rejeté, ni absorbé — ni dissout, ni désagrégé « Je suis », immergée dans ce que la Terre a de plus grand : l’Océan Le son y est mystérieux ; les basses me saisissent dans mon enveloppe charnelle… plus ample, mais aussi plus dense et pénétrée du dedans Mes propres cellules vibrent à l’onde externe, venue de loin En moi, elles sont le nid d’une synchronie d’éclosions multiples : d’un grouillement, d’un grésillement ; d’une chimie, d’une maturation ; d’une org...

12 - Si je meurs, je ne veux pas être "cela"

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28 juillet D’où vient cet assaut de violence, à l’éveil tardif ? D’où vient cette force larvée, que rien ne laissait envisager ? On ne se connaît pas ; et puis, « on apparaît » avec l’évidence d’oursins mal-disposés Il ne faut pas trop nous chatouiller, ni trop nous faire nous trémousser : nos piquants sont des dards sanglants — si souvent amputés, si singulièrement éclatés Toutes nos jeunes pousses se voient contrariées, à revers de la croissance naturelle et du désir d’éclat Nos tentacules de pieuvre verte s’emmêlent et s’étouffent sous le couvercle hermétique des journées oranges, embrasées au soleil couchant Définitivement, nous devons nous assigner à n’être que « blanc » — sans marque du temps, sans racines aux chevilles et sans vipères aux poignets On dégueule… ce qui n’est pas JOIE Mais on ne sait trop comment, en soi, LA capter, LA vibrer et L’in-conditionner : nous faudrait-il, au préalable, savoir se laisser par ELLE pénétrer et tra...