35 - A force de formes « abstraites »
2 septembre 4h02 du matin Les restes de fatigue ne sont pas ceux d’une trop courte nuit, mais bien ceux d’une astreinte à écrire trop approfondie, et en des temps trop rapprochés L’intensité de l’exercice finit par tuer la possibilité même de production d’images — qui, naturellement, s’usent au fil des passages Mes capacités de filtration deviennent faibles et distendues : la forme se relâche ; ou, à force d’être retravaillée, se sophistique d’une manière qui n’est plus ni fluide, ni digeste Simplifier ; relire et encore relire, et faire vivre « la rivière de mots » en un débit rapide et palpitant Jusqu’à penser qu’il ne peut en être autrement Et que la Nécessité ne s’en soustraira pas Puis, exsangue, lâcher l’en-cours, le flow, le « in progress », pour récupérer de l’émotion — s’il en reste, au beau milieu des formes, toutes abstraites L’épuisement parfois est total ! Et le lavage de cerveau, évident ! Les forces de récupération tardent à se...