11 - Colère
27 juillet Les rêves me font mal Ils m’emmènent là où « rien n’est » : quelques planches en guise de tables ou de lits ; la délimitation aléatoire de mon petit territoire par des objets « pauvres » alignés sur le bois craqué Je m’éveille paniquée : ai-je si peu ? Suis-je si isolée, à l’ombre de deux trois bricoles ainsi rassemblées ? L’émotion m’a désertée ; ne demeure qu’un vague sentiment d’amertume et de poussière en tout Ma cabane est définitivement sèche… et sans doute déjà vermoulue Je cherche à en capter tout le contenu psychique, toute la charge symbolique, mais aucun mouvement de fond ne prend véritablement le relais Aride, je suis ; hautement inflammable ! Sombre, je suis ; imperturbablement hantée … par l’absence d’altérité La musique me disperse, mais son manège en moi déjà disparaît Aucune lame profonde pour me faire vivre l’intensité-maîtresse de « ce qui est » : je n’éprouve plus… ni ne répond...