36 - J'aime

3 septembre

J’aime… et c’est ma Loi

J’aime, et c’est ma Foi

Je remplis un petit pot de miel liquide et contemple son éclat mordoré, luisant : je joue avec… C’est riche, onctueux, coulant et, naturellement, sucré ; c’est la vie, ou l’idée que j’en ai — dès lors que celle-ci est « pleine de toi »

Reconstitué et généreux, mon sentiment est complet

Il dort sur un matelas souple, épais et cotonneux : il rebondit dessus et, de joie, joue à se faire peur !

Il s’ébroue dans un champ de fleurs, frais et multicolore : il s’enfonce dans son parfum et, tout ébaudi, en ressort plus jeune et un peu niais…

Et, même si, béat, il se divertit un peu, il n’en demeure pas moins… innocent, pur et clairvoyant — mon sentiment !

Pour rejoindre mon sanctuaire personnel, un nouveau « mot-de-passe » s'initialise — qui change la nature-même de l’expérience en jeu… Qui la rend flexible, heureuse et expansive… vive, intense et pénétrée

Un franc et large sourire, ainsi qu’une claire et vibrante plénitude, s’affichent sur mon visage et détendent tout mon corps, épanoui ; sans craintes fébriles et sans inutiles complexités, je me dirige vers les autres, nette et précise, engageante et enjouée

Suis-je « psychédélique » ? Ou bien, simplement « humaine » ?

Une vague impression… très statique, parfaitement surréaliste et faussement idyllique, me saisit

Au large, sur le pont d’un bateau de verre, figée dans la glace, au soleil, rapidement je fonds

L’atmosphère, surexposée, y est fragile et tendue, jouissive et liquéfiée : « quelque chose » d’indéfinissable se décoince, se manifeste et se libère

Dans sa forme la plus singulière, cette évanescente « part de moi » ne se transforme pas : fière et mystérieuse, elle apparaît là, encore nue, devant moi

C’est une Elfe du dessus des flots — pas une Sirène ; « mon double », toute petite, par moi-même effrayée

Pour « me dire », elle chante doucement et se berce gentiment

Elle me raconte sa rude naissance et s’attarde sur sa noyade dans le sang — dont le récit contraste avec sa transparence inhérente

Grâce à moi, elle a pu se laver, s’ébattre, respirer et s’égayer

« Je » suis un milieu sain pour elle — de ceux, karmiques, que l’on s’octroie directement depuis le Soi

J’écris

Emotionnelle, transpersonnelle… sans relâche, j’écris

Je déverse, j’asperge et je nettoie les animaux blessés… les couloirs encrassés, les purges enrouées, les passages encombrés, les squats désaffectés

Sans cesse, j’y reviens — pour que « le rouge » redevienne blanc !

et le blanc, translucide et cristallin

Jusqu’à ce que la goutte, quintessence de doute, gonfle et éclate !

Les bulles de cette sorte transitent autour de moi et s’agitent dans la mousse de l’écrit

Tu es là

L’Elfe te regarde et, sans s’écarter, tout au contraire, te frôle l’oreille ; tu t’en réjouis : la sonorité qui résulte de ce geste te comble, même

Elle éveille en toi l’esprit de « mondes enchanteurs » — dont, chaque fois, tu guettes la présence réelle et manifeste

Tu as besoin d’une preuve !… d’un éclaircissement, d’une garantie ou d’une confirmation

Oui, « ce monde-là » existe bel et bien !… et il nous appartient, pour rien

Les sons limpides et angéliques sont les tiens

Ils se distinguent dans la nuit noire — opaque, mate et pâteuse ; ils illuminent les vitraux de leurs tonalités pleines et roucoulantes, de leurs timbres libres et puissants

Je te vois « homme libre », à la vulnérabilité souveraine

Je le vois… redevenu « simple humain », à failles ouvertes

En vous, plus de « dieux » ; ni d’insectes dans le cocon

Je ne sais, pour lui, ce que j’ai réellement été… sur les plans subtils « premiers »

Quelle est la nature de ce qui, ensemble, nous a manipulés ?

« Je ne suis pas triste ; ne t’en fais pas pour moi… ; simplement, je mixe… ce qui, de nous, a fait le destin ; et surtout, je ne révèle rien »…

Il n’y a pas de « secret », sinon une discrétion de coeur, pour ne pas mourir avant l’heure

Il n’y a pas « d’interdit », sinon une transgression des moeurs, dans les affres d’une double vie

Il fallait arrêter… pour mieux dépasser et redéfinir, sans faiblir

Il fallait ne pas trembler… et accepter de comprendre ce qui, un jour, s’était passé

Ce qui, originellement, n’était « pas bien placé » — et qui n’appartient qu’à nous — doit être réglé, sans ouvertement se dévoiler

Et si, chaudement, un temps, je rouvre le chapitre, c’est uniquement pour le filtrer — le revisiter, le re-naturer et l’affranchir

Pour, transhistoriquement, l’illuminer et l’émanciper

« Quelle serait l'Histoire dans l’histoire ?, dis moi ! »

Ce sera aux autres de le dire… et de le faire valoir

En attendant, nous continuons sur le chemin « du moins pire » — c’est-à-dire du silence responsable, protecteur des uns, destructeur des autres

Nous continuons… et nous nous métamorphosons, sans idée préalable de « qui nous sommes » — sans préjugé encombrant, ni obstination fatale

Nous nous aimons

Nous nous redirigeons

Nous nous accomplissons

Dans le nectar, nous nous réparons et, telles des abeilles, nous nous mélangeons : nous nous accolons, nous nous unissons et procréons

En nous, comme les moissons terrestres, c’est jaune d’or — bon et réjoui

Et ce n’est pas parce que, bientôt, c’est la fin que cela va plus vite !

Je te prends par le corps et me dissous dans ta douceur

Je t’inonde de tendresses et m’accapare le reste

Tu dors

Dans d’autres dimensions, tu vis… projeté : sont-elles aussi torturées quobscurément les miennes ? Ou aussi bénéfiques que, désormais, les siennes ?

En ce moment-même

Penchée sur ma fièvre, je m’use et je t’aime

Ma haute pression me gaine ; ma basse énergie m’emmène... au lit

Mes chats, complices, participent de la féérie, et mon humeur solitaire accompagne « ce qui ne vient pas »

Toi

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