40 - Inconscient

6 septembre

Rien couramment ne vient… C’est la fin… de rien

Quelques bribes de mots : un amas de lettres, un scrabble en vrac

Une nébuleuse, lumineuse et compacte ; des flashs, incisifs et éblouissants ; le maillage des étoiles de mon existence, et toute l’information contenue « dedans »

Lisez-la pour moi : je n’y reviendrai pas

Et si vous n’y parvenez pas, n’abandonnez pas…

Car ce qui existe pour moi, existe aussi pour vous — sans jugement, ni tabou

Car, par cette lecture de l’inconscient hyper-singulière, c’est bien aussi « le collectif » que j’investis et charge à plein

Car, par nécessité, à flux constant, j’hérite de données karmiques à la fois personnelles et opportunistes

Car mon incarnation transpersonnelle s’inscrit dans un temps certes donné, mais reliant toutes les humanités

Et si mon envie toujours est d’affirmer que « je suis fatiguée », par là donc, j’entrave la suite de toute la communauté impliquée

Je me dérobe à ma tâche et, pour vous, je fais flancher le Mystère

Je me dois de « tenir » pour contribuer à tendre le substrat qui, de nous tous, fait l’harmonie

Cependant, je suis bien… « fatiguée » : j’assume ma dépression et ne la contrains point à se maquiller

Celle-ci n’est pourtant pas « si terrible » !… Sur les choses, seulement, elle traîne un regard triste et las, fidèle et endormi : une impénétrabilité énigmatique et inconnue

Je ne me reconnais pas… en « ma flamme », patriote, d’une contrée rougeoyante, creusée et ravinée

Je ne « me » cherche pas non plus…

Même si, chaque jour fore un peu plus le gravier et l’argile pour, dans l’acte même, la retrouver — la remercier, l’amplifier et la sanctuariser

Je connais ma responsabilité

J’en mesure tout le poids… sur des plans « terrestres », habituels et naturels, ou sur d’autres, « éthériques », plus profonds et subtils — du dedans des cheminements méta-cognitifs ou supra-sensitifs

Pourquoi, en toi, ne se forme-t-il pas d’images ? N’es-tu, alors, par moi, pas atteint… voire même éteint ?

En toi, l’atmosphère « brune » ou « grise » sature un espace sans air, ni repère ; tu n’y bouges pas ; tu ne t’y retournes pas…

Statique, tu ne bois pas… à la source qui est en toi

Aucun jaillissement ; que de la paix…

Qu’y a-t-il de cassé ou d’abîmé ? Qu’aurais-je dû davantage secouer ou surexposer ? De quelle apparition, alors, te serais-tu teinté ?

Tu es « le point mort » de l’univers : celui par lequel tout le monde repasse, avant de s’engager

Ta nervosité témoigne d’un corps par l’imaginaire trop peu accompagné, à lui trop peu lié

En ta tranquille détente, tu es un nœud de conjonction

En ton absence d’attente, tu deviens une courroie de transmission

Ce n’est pas un hasard ; mais, pour moi, il s’agit d’une peine…

Je ne me résous pas… à te laisser là, comme cela — sans mal, ni trauma, sans émergence en toi, quelle qu’elle soit

Alors qu’au dos de l’affiche, c’est simplement « chacun pour soi »

Ainsi bridée, qu’est devenue ta langue onirique de partage ? Et, surtout, comment as-tu accès « à toi » ?

Non… : « aux arcanes du monde », au travers de toi

puisqu’en chacun de nous repose un paysage archétypal, unique et universel — une manifestation spécifique du Tout

Une facette, même toute petite, de la sphère lumineuse, de jour comme de nuit

Une aiguille, même toute menue, perdue dans la paille dense et sèche de la meule

On est RIEN, mais le TOUT est en nous… disséminé dans le réseau, intensifié dans les individualités

Les propriétés du TOUT diffèrent des humbles « nôtres » ; « nous », membres ordinaires — multiples, distincts, hétéroclites, remarquables ou quelconques —, des entrelacs de la toile

Les propriétés du TOUT : une sophistication du dédale initial

L’avènement d’une faculté nouvelle et d’une puissance inédite, depuis l’incorporation cellulaire

La révélation d’une organicité aux pouvoirs extrasensoriels

L’accomplissement cosmique de la traduction Informationnelle dans le champ de l’expérience phylogénétique

Jusqu’à nous, un continuum de l’être — lequel progressivement advient à sa Nature Divine, en l’inachèvement actuel de l’hominisation

Une loi de « complexité-conscience » qui nous mène jusqu’au point de croissance sommital — OMÉGA —, là où précisément surgit la rencontre TAO, entre le Yin et le Yang

Une fusion formelle ; une maïeutique « amorisée »…

Y serons-nous encore, quelque peu ?

Ou bien, dans l’abnégation, aurons-nous déjà transmis et légué tout ce que, de la Terre, nous aurons appris ?

Aurons-nous, alors, été des maillons de bon aloi, dignes de foi ?

Et aurons-nous rempli notre mission, pour de bon ?

Les dinosaures, qui nous ont précédés, eux aussi font partie de l’immense chaîne de l’évolution ; et on ne peut imaginer que la Vie, en nous et après nous, ne se renouvelle pas encore « quelques fois »

Pour joindre le Cercle

Et pour, en un minuscule « point », réouvrir l’espace tout entier

Le Big-Bang vient de là… de cette circularité des phénomènes — qui se réinventent, ou se recyclent

Nous n’y serons donc plus ; mais nos propres graines auront généré d’autres semences, qui elles-mêmes auront fait advenir de nouvelles espèces

Et si, en l’Amour, toutes se régénèrent… nous assisterons au spectacle d’un gigantesque Corps de Résurrection !

Tel est le fin mot de l’affaire : en un point ultime de retournement spatio-temporel, par la médiation de l’Amour, peut-être, tous, nous retrouverons-nous ?… sous des apparences diverses et variées

L’Amour, sous toutes ses conditions, comme identité-maîtresse

L’Amour — culbuto de la Création et bascule des Mystères

L’Amour, en toi douloureux et incertain ; en moi, vif et hors-la-loi !

Entre nous, tout peut chavirer, se retourner ou bien recommencer

Entre nous, jamais je ne sais… tant les reliefs sont violents et les contournements hésitants

J’en voudrais plus ; tu en désires peut-être moins

J’imagine des dilemmes ; discrètement, à l’anglaise tu te faufiles

Que se maintiendra-t-il de « la difficulté » de nous ?… telle que dans mon flou je la perçois, telle que dans mon extrême aussi je la nourris

Mon dernier vers sera pour toi…

« Comme le cri d’un goéland, auprès de toi je me couche et, sur la grève, soudain, il neige ; le début de demain… et la fin des sortilèges »

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