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38 - Méditation II

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4 septembre (après-midi) Sortir… Boire le vent et, comme un foulard de mousseline, claquer et s’envoler… disparaître et, sous une autre forme, renaître Fragile, futile, fertile — les trois à la fois, je suis Insatisfaite et pessimiste — comme un simple début… juste pour la trajectoire qui, chaque fois, relève le défi de l’histoire Mes récits, s’il en est, ne sont pas « drôles » ; souvent, ils se décrochent de mouvances extrêmes et aiment à se balader dans des sillons profonds : « le contraste d’impact » est leur meilleur ambassadeur, « la voie du milieu » leur requête de fond Perplexe et embarrassée Que ne suis-je lue et comprise, plus ensoleillée ! Le tailleur est la meilleure des postures pour capter l’air et son rayon de photons La méditation s’apparente à la Lumière : dans la chaire vive et ténébreuse, au fil de l’esprit délirant et voilé… elle se fraie un passage assuré — une synchronisation d’où ré-émerge l’état « premier...

35 - A force de formes « abstraites »

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2 septembre 4h02 du matin Les restes de fatigue ne sont pas ceux d’une trop courte nuit, mais bien ceux d’une astreinte à écrire trop approfondie, et en des temps trop rapprochés L’intensité de l’exercice finit par tuer la possibilité même de production d’images — qui, naturellement, s’usent au fil des passages Mes capacités de filtration deviennent faibles et distendues : la forme se relâche ; ou, à force d’être retravaillée, se sophistique d’une manière qui n’est plus ni fluide, ni digeste Simplifier ; relire et encore relire, et faire vivre « la rivière de mots » en un débit rapide et palpitant Jusqu’à penser qu’il ne peut en être autrement Et que la Nécessité ne s’en soustraira pas Puis, exsangue, lâcher l’en-cours, le flow, le « in progress », pour récupérer de l’émotion — s’il en reste, au beau milieu des formes, toutes abstraites L’épuisement parfois est total ! Et le lavage de cerveau, évident ! Les forces de récupération tardent à se...

30 - "Laisser passer"

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25 août Progresser dans les images est un exercice de plus en plus difficile ; creuser les narrations neuronales, une épreuve de plus en plus déliquescente Pourtant, presque chaque jour, quelqu’un en nous de bienveillant s’y remet et, concentré sur rien, redéploie l’instant On ne s’endort pas ; les nuits ici sont des déserts « abstraits » : des vacuités émotionnelles, des variations spéculatives, des imaginations contre-intuitives, des absurdités réalistes Incorporelle, je suis Pénible, je deviens Là-bas, c’est… la plage — purgée chaque matin, et l’océan sauvage : en ce jour d’excellence pour moi, comment y retrouverai-je l’écume, vitale et odorante, de mes souvenirs d’écran ? Et comment y sentirai-je le vent ? — fouettant mes cheveux sur me joues nues, humides de larmes et d’embruns Je me veux là… ! Donnée à ce qui, sans cesse, revient… dans le sable fin et dans le sel marin Le mouvement, fracassé, reste pourtant serein — pur et régulier La ...

27 - Verticale

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20 août Les grandes émotions ne me traversent pas Mais, très fatalement, « une petite chanson » me berce l’eau du plexus — son feu presqu’éteint Je me sens plutôt bien… à fouler mon imaginaire, libre et doré Je n’accueille que la couleur des roses, car, à moi, « l’autre » aucunement ne vient Je n’ai rien à creuser, rien à envisager, rien à prouver Juste à « méditer » ; de cela, je peux parler… Un peu d’énergie et de rythme dans les oreilles pour maintenir le niveau d’éveil ; et voir « apparaître »… tout ce qui, sous mes yeux, très vite passe son chemin Ce qui surgit me surprend, et souvent me désespère Les langages enfouis ne racontent que peu leur périple : comme du sirop, ils s’infiltrent par les fissures de l’inconscient … et leurs résurgences — par trop opaques !… confuses, surréalistes ou traumatiques — nous donnent une illusion de mort réelle Je fais du collage de vie psychique : de la marmelade d’images usurpées...