Expo "art&méditation"


Acrylique sur cartons entoilés (6 x 50*50)
+ 2 miroirs (50*50)
Lecture du recueil "Être humain",
sur une musique de Michel Redolfi
(double écoute, au casque Hifi)
Assise des 2 "méditants", face aux 2 miroirs,
sur 2 coussins de méditation
Cliquer sur l'image pour l'agrandir.



"ÊTRE HUMAIN.E"
(installation sonore - pour 2 "méditants")

Préalablement déchaussé.e, s'approcher, repérer... et, face à l'œuvre, sur l'un des deux coussins noirs, confortablement s'installer ; enfiler un casque audio — le rouge ou le bleu — et, silencieusement, regarder, s'imprégner.

Un temps, s'approprier l'environnement — comme partie intégrante de la relation entre soi et “ce que l'on ne connaît pas”.

Le mur pictural — celui de “l'ARBRE”, avec ses six sphères formant un mandala — est lumineux, et comme pieux ; rapidement, à l'oreille, le chuchotement, alerte et tumultueux, devient “voix sacrée”.

Alors, une question en moi émerge : Où donc dois-je poser mon regard ?... Au sol, face à moi, j'aperçois une marque colorée — rouge ou bleue... Mais, légèrement de biais, reflété.e dans le miroir, “je suis là”... Je me devine ou je me sens. Que faire “avec moi-même”, là, comme cela ?

Et j'écoute... ce que, de premier abord, je ne comprends pas.

A côté de moi, un autre méditant — que, pareillement, depuis son propre miroir, ainsi que de profil, je sens… et je vois. Nos présences, dissociées par le son, demeurent ici néanmoins à la fois virtuellement parallèles et nécessairement entrecroisées ; toutes deux enchâssées dans le bâti de “l'ARBRE” — via le jeu des deux miroirs.

“L'ARBRE” : des sphères polarisées, dont la disposition suggère la RELATION universelle entre le Yin (rouge réceptif) et le Yang (bleu créateur). Au centre du mandala des sphères : en bas - la non-linéarité, le chaos, l'opportunité ; en haut - la convergence, la synchronie, la mutation.

Au centre de ma perception donc : “moi-même” — latéralisé dans le Yin rouge (la Vie, l'Égo, le Profond), ou bien dans le Yang bleu (le Nouveau, l'Altérité, le Clair). “Moi-même”, structurellement couplé.e à mon alter-TAO : en la personne, essentielle, de l'autre méditant… lui-même flottant, dans le périmètre de ma proximité la plus rapprochée.

Alors, au sol, je fixe le marquage qui m'est destiné — le rouge ou le bleu. Et, peu à peu, ma perception devient floue et périphérique : je ressens... l'être dedans et autour.

A nouveau, j'écoute... ce qui, depuis un moment, doucement me stresse ou me berce. Dans ma tête, est-ce le son de ma propre voix ?... entrecoupée de celle de “l'Ange en moi” ?

Progressivement, la détente de mon corps, strictement érigé depuis la couronne, le rend à moi plus “présent” — plus sourd et plus dense, plus vaste et plus évident. Mes muscles relâchés, mon centre de gravité définitivement dans mon bassin s'abaisse.

Cette fois attentive à la moindre de mes sensations, toujours j'écoute la voix... étouffée, et pourtant scintillante, sur le flow musical lui-même fluide et constant, dans la scansion de rêves éveillés à demi-dévoilés.

Une nébuleuse m'apparaît. Afin d'éprouver mon corps encore plus à fond, je respire… “en présence” à mon souffle, sans du tout l'affecter. Mon rythme est profond et léger. Je ne ferme pas les yeux ; je fixe le point, toujours trouble, au loin.

Alors, je me sens appartenir à quelque chose comme “venu du dedans”. Dans l'entre deux, entre “moi-même” — dans l'écoute synchronisée du corps et de l'esprit —, et la scène à laquelle désormais j'appartiens. Le lien signifiant est fort ; l'émergence sensitive, vive.

Je ne suis plus que “là” — dans l'instant surgissant... au fil du bavardage mental de la voix — comme si celle-ci émanait “du coeur de moi”, quand bien même je ne l'écoute pas.

Je me fiche la paix. Et je deviens “humain.e”...

Oui, je suis en relative paix... au fil de cette vacuité “pleine” — SUNYATA — qui fait de moi un être “présent”, sans cesse mouvant, apparaissant et réfléchissant.

Alors, peut-être, au terme encore d'un petit moment, je me transforme, me sensibilise et me dilate. Toujours irrémédiablement “ancré.e”, je deviens presque “subtil.e” ; et les mots, pour moi précédemment inintelligibles, soudain, prennent sens... Tout leur sens.

Alors, peut-être, imperceptiblement et “sans rien faire”, je quitte la conscience de veille et capte la magie de tout un univers — juste “là”, dans l'étranglement de l'instant que je perçois...

Et que, simplement, dans l'ouverture, je reçois... comme un TANTRA.

Au creux radical de l'ORDINAIRE.

Ak Mi (10 nov. '22)

#HommageAFranciscoVarela

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