31 - Ce qui ne sera pas "vrai"
27 août
A bout de force… A bout d’appât
Plus grand-chose de vivace et de frais pour mobiliser un attelage qui n’en peut plus d’avancer, presque forcé, et qui s’interroge sur le bienfondé de sa route, cernée
Usée
Aride, desséchée… Linéaire et remplie d’obstacles : branches noueuses et cailloux blancs — auxquels on peut s’agripper ou que l’on peut compter
Je ne saurais revenir en arrière
Je ne me propulse nullement en avant !
Aucune stagnation n’est soutenable longtemps ; et, d’expérience, aucun renoncement n’est fécond
Il nous faut donc poursuivre la progression… vide et insensée
Sans se juger — lamentable ou déserté
Vivre encore plus animé et avec soi-même quereller…
Pour qu’un autre temps advienne et qu’une nouvelle jouvence éclose
Sans rien espérer
Surtout ne pas « se représenter »… ce qui ne sera pas vrai
Sentir les défis et, dans l’âtre, les laisser lentement se consumer, afin que, bien braisés, ils exhalent leur véritable nature et manifestent leur karma de fond
Car on ne sait rien de « ce que l’on doit » — ou pas
Plusieurs passages s’ouvrent à nous, dont un — et un seul — deviendra « l’actuel », reconfigurant toute la suite de la parodie
L’éthique nous guide, depuis le coussin jusqu’aux décisions
Dans l’action, elle nous crible d’incertitude et de destin
L’éthique nous rend, non pas indifférents aux circonstances, mais détachés des chemins inutiles, des rebus attristants et des chutes fatales
Nécessairement
Pour se positionner, on élague et on fait mourir « l’inexistant »
… rendu pourtant « possible » dans le double-monde de nos psychés endolories
Alors, souvent, on ne sait plus… quel serait le sacrifice le plus juste et quelle redirection mériterait que l’on s’y raccorde — pour de bon
La constance est raison
Mais l’opiniâtreté est-elle « un succès » assuré ?… quand on ne sent plus vraiment ce dans quoi l’on veut basculer
Dans l’amer, tout se vaut
Dans les prisons, tout aussi devient liberté
… de créer !… de vivre et d’imaginer… de concevoir et de formuler… de franchir et de juguler
Mon esprit transcende les barrières intérieures de la mutilation mentale et de la claustration physique
Par la poésie, en des champs prospères, à tâtons, il s’évade
Et ne se retourne jamais… sur une production fertile, mais majoritairement absconse et globalement incomprise
A considérer qu’absolument rien n’a d’importance, on en finit par savourer la vie
Et par en extraire « un suc », hors des considérations habituelles
Ici, je cherche à « le » définir
Ici, je me penche sur les nourritures de l’âme, quand celles-ci, dans les bocaux, favorisent la maturité des fruits
Car mes arbres, hivernaux, sont déjà secs et dégarnis
Et je ne m’alimente plus qu’en rations de survie : en bouillies digestes et lactées
En moi, « la bébé » a stoppé sa croissance d’adulte et son accès au sel de l’existence courante
Par soumission aux lois de l’enfance, et par opposition aux impérialismes de « la mère »
Le précieux suc s’embrouille dedans !… et s’embourbe dans la glaise de terrains, chaque fois, présumés hostiles ou dangereux
« L’impossible », subjectif, règne en maître et dicte ses désarrois
Que souhaiter ? Que le cordon se délite et rompe ? Qu’une bombe vienne fragmenter l’intégrité de la relation, en mille douloureux ombilics de sang ?
Oui
Mais pas maintenant
Quand ?… Juste après nos morts
Dès lors que la causalité redistribuera nos incarnations
Et que plus jamais, nous ne nous aimerons
Dans un silence final et premier ; une paix vivante et fondamentale ; un oubli arbitraire et salutaire
Je l’aurai décidé
Pour me couper d’avec moi-même et pour me pardonner cette essentielle crucifixion
Le Christ s’est-il seulement posé la question… de son implication dans le Mal lorsqu’il l’a traversé ?
Par le Yang, l’Homme-Yin doit-il être « sauvé » ?… Mais sa fécondité intime n’est-elle pas déjà la preuve de sa splendeur à générer ?
… autre chose que du vice ou de la douleur
Par notre Yin, l’Ange-Yang pourrait-il lui aussi être « exaucé » ?… Mais notre négligence, voire même notre ignorance, envers son omniscience n’est-elle pas la raison primaire des convulsions charnelles que nous endurons ?
Alors... à notre insu, l’Ange, pareillement, souffrirait-il ?
Pourquoi, éternellement, « ensemble » ne nous marions-nous pas ?… Qu’attendre de ces préliminaires, aussi longs que nauséabonds ?
Sans promesse, nous errons
Sans appui, nous nous perdons
L’Ange est là, bien présent, au coeur des morcellations ; dans le récit des pèlerinages sacrés et aux arrêts des stations de croix
Il s’exprime à bas bruit, floutant ses missives dans des larmes trop salées — trop brisées, condamnées, outrées, suicidées
Chez l’humaine, rien ne peut venir atténuer le flux des orages, libres et couvés — sans plus même de chagrin ou d’argument
Chez son conjoint, rien ne vient flétrir sa certitude de simplement « tout mener à bien » — sans culpabilité, ni isolement
Les doléances sont toutes prescrites ! L’histoire est pliée
Les chiens et les chats vont se coucher — se toiletter et se dorloter
En l’absence de corps, esseulée, l’âme humaine angoisse… Désireuse de ce lien, en elle délaissé et éteint
Et tu ne dis rien
Et tu te dissous dans l’aventure prochaine, qui, encore, te mènera au loin sur la planète, dans un exil serein
Sous une étoile, naissante pour toi seul ; néanmoins, dans le calvaire des heures trop restreintes et des tâches trop tendues, tu t’épanouiras
Serai-je là ?
J’ai peur pour toi
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