16 - L'oppression

5
août

Le mal que vous font les gens à ne pas vouloir « vous faire exister » et à sciemment vous altérer, vous mutiler… vous dénaturer, vous déstructurer, en extrayant de votre âme votre lumière, vos os et vos nerfs

Je suis de celles qui vivent leur mal « à fond »

De celles qui couvent… et l’oeuf, et la tumeur

Et le germe, et sa mort

Je raconte l’histoire en entier !

Je la brasse avec souffle, sans hésiter ; elle m’oppresse avec intensité, sans lâcher

Je ne vacille que pour mieux briller

Je ne résiste que pour mieux exprimer

C’est une lutte peut-être vaine : un combat perdu d’avance… face à qui ne veut pas boire de lait et qui pourrait agresser de plein fouet

Je n’éprouve aucun sentiment particulier envers « cette vie-là »

Elle me déçoit… avec ses faux-semblants et ses leurres

Je ne suis pas « bonne messagère » ? Qu’à cela ne tienne !… Je m’en vais cueillir des fleurs !

poursuivre le transit et accompagner ma peur

L’enfer, pour le moment, c’est ton regard sur moi, et son biais déformant, malfaisant

Son glaive vrille… à l’intérieur d’une plaie déjà refermée

Je me dérobe par l’issue de secours ; je me soustrais à l’ignoble de celui qui voudrait éteindre ma force et contaminer mon mystère

Celui qui, autrefois, aurait pu me faire naître, aujourd’hui me soudoie ou me noie ; j’ai le choix

Heureuse celle qui prend de la distance et dissout les enjeux

Heureuse celle qui abrite l’innocent et bâtit d’autres « je »

Elle fuit la relation viciée ; elle embrasse sa juste liberté

Je m’envole au gré du soulagement cru qui soudainement m’habite, au gré de la contrariété forcée qui encore me retient

J’ai vomi… tout le sel possible, et réabsorbé mon honneur jusqu’alors perdu

Je tente de survivre… sans confort, ni émotion

Je lui abime son édifice ? Ma construction n’est pas « béate » ? Qu’à cela ne tienne… Simplement, je me soustrais, je disparais

Dans le velours, je retire progressivement mes pas d’un terrain miné par les braises d’un feu indécis et rongé par un passé au karma indéfini

Je me suis moultement exercée à en déceler les ficelles — fragiles et multiples ; cependant, dorénavant, il ne m’appartient nullement d’en juger la morale ou le fond

Les protagonistes seuls se l’approprieront

pour en dissoudre toutes les scories et en éclaircir tous les aléas

Je n’ai pas à être là

Pas à m’immiscer dans ce qui a fait « ma maladie » et qui, via l’écriture, m’a conduite à être le témoin que je suis

Que veut cette femme ? Cette nouvelle « mère » ?… si ce n’est la paix

Elle s’exprime sous mille visages — émanant tous du profil d’une seule et même statue, au corps flanqué sur un tombeau de cimetière, fesse légèrement relevée

J’y perds mon latin

J’y gagne mon exil

Si je viens seulement flétrir ce qui naturellement cherchait à s’épanouir, je m’en vais et ne me retourne pas

Si je viens a priori « mal grossir » ce qui, déjà, trouvait sa résolution, je passe ma route et redirige ma trace

Illico

Les courbures de nos miroirs ne s’accordent pas : l’un dans l’autre enchâssés, ils forment un monstre !… aux contours diaboliquement symétrisés

C’est comme cela

L’absurdité

L’écueil des circonstances qui, un jour, ont glissé

inexorablement dans nos psychés

« Je m’éprouve » à ressasser l’insurmontable difficulté et à retourner l’indépassable contradiction — qui n’est pas même un chagrin

L’impasse apparaît là, sous mes yeux ; un mur se dresse qui n’a plus d’yeux

L’espace est fermé — par le doute et l’incompréhension, par la douleur et la rancoeur

Lui et moi, l’un envers l’autre, sommes « des échecs »

Je ne veux plus… même demain, même après-demain

Je ne veux plus : je referme l’épisode, comme au temps où je paniquais et j’hallucinais

« Cet homme » n’est pas pour moi — non en tant que mâle, mais en tant qu’humain… Avec lui, je ne peux m’élever

Trop d’appréhension et d’angoisse mêlées

Je devrais pouvoir m’orienter différemment ; pourtant quelque chose me retient… : il agit pour lui-même

En apportant de la conscience au monde, il continue de s’explorer, personnellement, dans ses dimensions radicales — torturées, cruelles, ou guérisseuses, rédemptrices

Je ne connais pas l’Archange qui lui dirait « ce qu’il en est »

« Renaître » est le maître-mot ; brûler les énergies du passé et semer les graines du futur : les essaimer à tout va pour engrosser la terre et nourrir les oiseaux

Une fois germés, les blés seront récoltés et les épis dispersés, glanés par les mendiants des champs

Tout, différemment, sera « re-réparti » : nos enfants se raconteront de nouveaux bobards… !… Mais l’épopée souterraine, elle, restera juste sereine

« Le monde » avance-t-il vraiment ? La Vie, oui

Et si les contes des uns sont digérés par l’inconscient des autres, l’ébranlement des fantômes les plus sombres vient-il forcément servir l’évènement en sa compréhension ?

Pourtant, on ne peut « oublier »

« Le sens » réside dans le contraste, ou même dans la discordance, des expériences extrêmes, quand celles-ci s’enchaînent sans arrêt ou obstruction

Je m’incline devant ce que nous disent les circonstances

Je ne mesure pas mon rôle posthume

Mais affine sans cesse ce que je serai amenée à y acter

Les paupières lourdes et agitées, déjà je dors

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