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37 - Méditation I

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4 septembre (matin) La télévision grésille ; les programmes ont shunté : que vais-je maintenant suivre comme ligne de fuite ? Confiance en la chair… pour s’abstraire du shaker C’est comme « une méditation » — qui ne porterait pas ce nom et qui se signerait dans l’émotion Le cadre, intérieur, vient à manquer ; mais, doucement, attentivement, peu à peu on se laisse pénétrer Et le rêve alors « prend possession »… avec un arrière-goût de sucre mouillé dans le café Le confort corporel est essentiel à l’adhérence idéelle Ne rien forcer ; juste, en désordre, au fond de soi laisser reposer Et aborder ce qui, là, s’érige Descendre au niveau de « l’éveil » — le vrai !… et entendre le chuchotement de ses mots mélodiques et discrets Dans le plaisir gustatif du palais, toujours, accompagner l’arôme tiède et caractéristique qui continue amèrement de se déployer et de s’amplifier Se réchauffer S’incorporer ; et, dans la lenteur du proces...

36 - J'aime

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3 septembre J’aime… et c’est ma Loi J’aime, et c’est ma Foi Je remplis un petit pot de miel liquide et contemple son éclat mordoré, luisant : je joue avec… C’est riche, onctueux, coulant et, naturellement, sucré ; c’est la vie, ou l’idée que j’en ai — dès lors que celle-ci est « pleine de toi » Reconstitué et  généreux, mon sentiment est complet Il dort sur un matelas souple, épais et cotonneux : il rebondit dessus et, de joie, joue à se faire peur ! Il s’ébroue dans un champ de fleurs, frais et multicolore : il s’enfonce dans son parfum et, tout ébaudi, en ressort plus jeune et un peu niais… Et, même s i, béat, il se divertit un peu, il n’en demeure pas moins… innocent, pur et clairvoyant — mon sentiment ! Pour rejoin dre mon sanctuaire personnel, un nouveau « mot-de-passe » s' initialise — qui change la nature-même de l’expérience en jeu… Qui la rend flexible, heureuse et expansive… vive, intense et pénétrée U n franc et large...

35 - A force de formes « abstraites »

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2 septembre 4h02 du matin Les restes de fatigue ne sont pas ceux d’une trop courte nuit, mais bien ceux d’une astreinte à écrire trop approfondie, et en des temps trop rapprochés L’intensité de l’exercice finit par tuer la possibilité même de production d’images — qui, naturellement, s’usent au fil des passages Mes capacités de filtration deviennent faibles et distendues : la forme se relâche ; ou, à force d’être retravaillée, se sophistique d’une manière qui n’est plus ni fluide, ni digeste Simplifier ; relire et encore relire, et faire vivre « la rivière de mots » en un débit rapide et palpitant Jusqu’à penser qu’il ne peut en être autrement Et que la Nécessité ne s’en soustraira pas Puis, exsangue, lâcher l’en-cours, le flow, le « in progress », pour récupérer de l’émotion — s’il en reste, au beau milieu des formes, toutes abstraites L’épuisement parfois est total ! Et le lavage de cerveau, évident ! Les forces de récupération tardent à se...